La concurrence en éducation canine, c’est un sujet qui crispe : trop de monde, de jugements, de comparaisons, de sentiment de supériorité…
Beaucoup d’éducateurs vivent la concurrence comme une menace permanente avec cette peur de ne pas être assez bon, d’être remplacé ou que le client aille voir ailleurs.
Et pourtant à mon sens, le vrai problème n’est pas la concurrence en elle-même.
C’est la façon dont on l’utilise… ou plutôt dont on la subit.
Pourquoi la concurrence est aussi mal vécue dans ce métier
Le contexte n’aide pas :
- très peu de barrières à l’entrée
- beaucoup d’installations rapides
- beaucoup d’arrêts tout aussi rapides
- peu de formation en entrepreneuriat
Résultat : on arrive dans ce métier avec des compétences techniques mais aucun outil pour s’installer durablement.
Alors on observe les autres :
- leurs tarifs
- leurs discours
- leurs posts sur les réseaux
- le nombre de clients qu’ils ont
- leurs spécialités
Mais sans recul, cette observation devient toxique parce qu’on ne regarde plus pour comprendre le marché sur lequel on a atterri, mais pour se comparer. Tu connais toi aussi ces soirées à scroller les comptes des collègues concurrents en te demandant pourquoi tu fais encore ce métier parce qu’ils ont l’air d’y arriver tellement mieux que toi ? C’est pas sain, ça. Et pourtant on le fait tous… (D’ailleurs moi j’ai arrêté les réseaux, c’est tellement mieux depuis !)
L’erreur la plus courante : confondre observer et copier
Observer la concurrence peut être très sain et la copier aveuglément, beaucoup moins.
Ce que je vois souvent :
- diminuer ses tarifs parce que “les autres sont moins chers”
- changer son discours pour coller à ce qui semble marcher ailleurs
- proposer les mêmes formats que tout le monde “par sécurité” (forfait 5 séances, séances à la carte…)
- se positionner explicitement contre d’autres éducateurs (et pas contre des méthodes)
Quand tu copies par peur d’être toi-même :
- tu perds en originalité
- du coup tu deviens interchangeable
- et tu t’épuises à vouloir rester “dans la course”
Moi, je préfère tracer mon chemin, parce que c’est ma vie qui se joue là.
Changer de regard : à quoi sert vraiment la concurrence
Bien utilisée, la concurrence te donne des indications précieuses :
- ce qui est déjà saturé
- ce qui est à la mode
- ce que les clients entendent partout
- ce qui est surreprésenté… et ce qui est absent
Observer la concurrence, ce n’est pas décider qui est bon ou mauvais dans le secteur, c’est lire une carte du territoire pour te poser une vraie question stratégique :
Est-ce que j’ai envie d’être un pion supplémentaire qui ressemble aux autres ?
Utiliser la concurrence comme un outil stratégique
Une fois que tu observes sans jugement, tu peux enfin choisir :
- d’assumer un positionnement courant, mais en l’incarnant différemment des autres (par ta méthode, ta personnalité, ton format de séance etc)
- ou de faire complètement différemment, de manière volontaire
La concurrence t’aide à :
- clarifier à qui tu t’adresses vraiment
- affiner ta proposition de valeur
- identifier ce que tu ne veux plus faire
Par exemple :
- si tout le monde parle des mêmes problématiques, est-ce que tu as une pierre utile à rajouter à l’édifice ?
- si tout le monde propose le même format, est-ce par efficacité ou par mimétisme ? Est-ce qu’il est vraiment adapté à ce que tu fais ?
Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse, il y a surtout des choix conscients à faire.
La concurrence n’est pas là pour décider à ta place
Se comparer en permanence c’est juste épuisant parce que tu compares des réalités incomparables :
- ville vs campagne
- clientèle différente
- énergie différente
- contraintes personnelles différentes
La concurrence ne connaît pas ton contexte, elle ne connaît ni ton rythme, ni tes limites, ni tes priorités, ni ta personnalité ni rien qui fait ta vie.
L’utiliser intelligemment, c’est arrêter de vouloir être “meilleur que” et commencer à être clair sur ce que tu proposes.
Sortir du climat toxique entre collègues
Utiliser la concurrence de manière saine, c’est refuser de jouer à ce jeu où l’autre est incompétent par défaut. Seuls ses clients peuvent juger de ses compétences.
Tu peux :
- être en désaccord sans dénigrer
- te différencier sans attaquer
- exister sans écraser
Et surtout, tu peux construire ton activité sans te battre contre les autres.
Ce que je veux que tu retiennes
La concurrence :
- ne te vole pas tes clients
- ne décide pas de ta valeur
- ne t’oblige pas à faire comme les autres
Elle peut soit :
- t’aspirer dans une comparaison épuisante
- soit t’aider à te positionner avec plus de justesse
La différence, ce n’est pas ce que font les autres mais c’est ce que toi, tu choisis d’en faire.
Pour aller plus loin
Je suis Lorelei BOUVIN. Mon parcours a commencé en école de commerce, avec un Bachelor en poche puis plus de 10 ans d’expérience dans la gestion d’entreprise, le management, la relation client et le développement commercial ; mais ma vraie passion, elle, aboie, perd ses poils et adore les balades en forêt. Depuis 2017, je suis éducatrice spécialisée dans les chiens réactifs et les problématiques extérieures. Mon obsession (névrose ?) : comprendre la psychologie du chien pour l’aider à s’adapter à notre société
J’ai suivi de nombreuses formations thématiques pour affiner ma pratique et rester toujours en mouvement dans ce métier qui me tient à cœur. Et parce que je crois fermement qu’on est plus fort ensemble, je milite activement pour une meilleure reconnaissance de notre métier et plus de solidarité entre éducateurs 💙
En 2024, j’ai lancé mon podcast pour partager mes réflexions, mes conseils, et secouer un peu les idées reçues
Et comme je sais que beaucoup galèrent à vivre de cette passion, j’ai aussi créé Tremplin vers un temps plein, une formation business en ligne dédiée aux éducateurs canins, avec ou sans accompagnement, pour s’adapter à tous les budgets.
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